Dans la foulée de cet arrêt, la Cour de Cassation a développé une lecture que l'on pouvait qualifier d'abstraite du principe de l'égalité des armes : la seule présence du commissaire du Gouvernement suffisait à vicier l'arrêt d'appel. On peut consulter cet arrêt du 2 juillet 2003 par exemple.
Une réforme de l'expropriation, portant notamment sur ce point, est intervenue par un décret du 13 mai 2005, dont la pertinence, notamment au regard de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme est discutée en doctrine. Pour l'essentiel, ce texte, sans remettre en cause l'institution du commissaire du gouvernement, tend à assurer un caractère contradictoire à ses écritures et aux références qu'il invoque.
Est-ce l'effet de ce décret, sur lequel la 3ème Chambre Civile a peut-être été consultée, mais le fait est que l'on perçoit à présent une évolution de la Cour de Cassation vers une acception plus concrète de la problématique, en recherchant si le contradictoire a été respecté malgré la présence et l'intervention du commissaire. C'est ainsi que par un arrêt du 22 novembre 2006, Mathiss & autres c/ communauté urbaine de Strasbourg, la Cour de Cassation a jugé ceci :
Attendu, d'autre part, que les expropriés ne précisent pas en quoi la cour d'appel aurait, par application des dispositions des articles du code de l'expropriation visés par le moyen, créé à leur détriment un déséquilibre incompatible avec le principe de l'égalité des armes et que la cour d'appel, qui a statué après expertise ordonnée afin de rechercher les éléments permettant de déterminer la valeur vénale des parcelles expropriées et qui a relevé que le commissaire du gouvernement était intervenu dans le respect du principe de la contradiction et que les parties disposaient des mêmes avantages que ce dernier dans l'accès aux informations pertinentes du livre foncier relatives aux mutations immobilières, a pu en déduire l'absence de violation de l'article 6-1 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.